mardi 18 novembre 2014

Interview de Julie Depardieu pour le film "A la vie"

mardi, novembre 18, 2014 By Femmes Actives , , , , , No comments


Entretien avec Julie Depardieu à l'occasion de la sortie du film "A la vie" le 26 novembre.

Pour le casting du film, Jean-Jacques Zilbermann voulut se coller au plus près de la réalité, c'est pourquoi il respecta les origines des trois protagonistes en engageant une actrice française (Julie Depardieu), canadienne (Suzanne Clément) et hollandaise (Johanna ter Steege)


1960. Trois femmes, anciennes déportées d’Auschwitz qui ne s’étaient pas revues depuis la guerre, se retrouvent à Berck-Plage. Dans cette parenthèse de quelques jours, tout est une première fois pour Hélène, Rose et Lili : leur premier vrai repas ensemble, leur première glace, leur premier bain de mer… Une semaine de rires, de chansons mais aussi de disputes et d’histoires d’amour et d’amitié...

Une question de regard

« À la lecture, j’ai immédiatement été touchée par le regard de Jean-Jacques sur ces trois femmes, sa volonté de filmer leurs rapports, le lien fort et indicible qui existe entre elles, et qu’elles ont entretenu jusqu’à leur mort. Le film, en fait, parle de son amour pour sa mère et ses deux amies de déportation. Il nous avait montré le documentaire qu’il avait fait sur elles quand elles étaient encore vivantes. Très émouvantes, les trois vieilles dames assises dans le sable, sur la plage, filmées comme des rock stars glamour, et riant comme des copines ! Pour moi, À LA VIE est le film d’un enfant respectueux et tendre sur sa mère, une femme comme on n’en fait plus ! »

L’indicible

« Dans le film, il est question du tout - l’horreur, la survie - et des petits riens.
Jean-Jacques filme des instants hors les mots. Et hors le temps. Une parenthèse partagée entre trois femmes qui réapprennent à vivre. Leur « après ». Comme un rendez-vous avec leur passé, leur histoire commune que personne d’autre ne peut comprendre.
Et Jean-Jacques, comme elles, veut sourire du pire. »

Qui est Hélène ?

« Une jeune fille pleine de rêves qui a été fauchée à 20 ans. Comme si elle avait été plongée dans une marmite d’huile bouillante. Après, il y a la rage du bonheur malgré tout. Alors elle cherche ceux qui l’aiment encore et elle repart, déterminée à se reconstruire. Comme un automate, d’abord, pendant 15 ans, en renonçant à certaines choses, en se mettant entre parenthèses, avant qu’un nouveau souffle de vie revienne, avec le plaisir physique. Ça c’est le personnage. Mais Hélène, surtout, est la mère de Jean-Jacques ! Et sur le tournage, « mon fils » me mettait la pression : « Je veux y croire ! » Je l’écoutais, je digérais ses conseils, mais, ensuite, je me lançais sans trop analyser. Il fallait que cela passe par moi, mes propres émotions, mon imagination. En revanche, je faisais attention à ralentir mon rythme naturel de paroles, de gestes pour essayer d’entrer dans le temps suspendu de ces trois femmes. »

Des moteurs différents

« J’espère que je n’ai pas trop agacé Suzanne et Johanna ! Je ne suis jamais concentrée avant une prise. Je m’engueule au téléphone avec un garagiste, je ne veux pas savoir où est la caméra. Le cadre ? Quel cadre ? Je préfère rester dans l’inconscience.
Suzanne est fascinante avec son casque sur les oreilles, écoutant de la musique à fond pour se concentrer avant chaque scène. Et Johanna pose des questions sur la focale ! C’est sa manière d’être à fond dans le film et de calmer son stress. À chaque interprète, sa manière de lutter contre l’angoisse. »

Yiddish Songs

« J’ai adoré répéter les chansons du film avec Éric Slabiak, le compositeur du film au violon et à l’accordéon. Je retrouvais mon amour pour les chants yiddish que j’avais déjà découverts dans UN SECRET de Claude Miller. »


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